AD PERPETUAM REI MEMORIAM

Claude Nicolas BONNETTE
(1741-1831)

 

 

Claude Nicolas BONNETTE, né à Reims le 26 juin ou le 26 juillet 1741, avait été ordonné à Noël 1765. En 1771 il était docteur en théologie. D’abord chapelain de Saint-Michel et desservant de l’Hôtel-Dieu, il fut chargé en avril 1773, du vicariat de la paroisse Saint-Timothée. Il en a été tiré pour devenir, le 22 avril 1779, curé de Vieil-Saint-Remi au décès de Nicolas Lefort ; de là, Bonnette fut transféré en 1785 à la cure de Trigny au départ de Jean-Baptiste Mavaux ; enfin, le 23 janvier 1789, il succédait à Concé dans la cure de Saint-Maurice. On vantait sa prodigieuse facilité de composition pour la chaire. Sa souscription patriotique de 1790 fut de 150 livres. Bonnette refusa le serment. Au Jeudi-Saint de 1791, il a même protesté du haut de sa chaire contre l’intrusion de Diot qui venait d’être élu évêque de la Marne [1].

« Le 28 février, après lecture de l’instruction de l’Assemblée nationale sur le serment constitutionnel, le curé de Saint-Maurice a voulu prêcher et s’élever contre ce qui venait de se passer ; un tumulte l’a obligé de descendre. » [2]

Diot lui avait proposé de le nommer vicaire épiscopal ; mais il avait énergiquement refusé. Déclaré déchu de sa cure, il se retira dans sa famille à Reims même, prouvant l’indépendance de son caractère. Ainsi, le 24 mai 1792, il avait rencontré, en face de la porte de l’évêché, le dominicain Barthélemy Bocquet qui se rendait à Notre-Dame à la messe des prêtres assermentés. Bonnette le lui avait publiquement reproché avec de dures paroles contre les assermentés et s’était ainsi exposé à être poursuivi devant les tribunaux [3]. Chassé de Reims par les massacres, Bonnette reçut, le 6 septembre 1792, un passeport (n° 6106) pour Namur. On le trouve à Maastricht en 1793. Au 5 ventôse an IV, ses héritiers demandaient au Conseil de Reims la reconnaissance de leurs droits à recueillir les biens séquestrés de l’abbé Bonnette ; ils obtinrent un avis favorable [4]. Bonnette adhéra au Concordat le 30 floréal an X, fit le serment concordataire comme desservant de Saint-Maurice le 27 floréal an XI, et gouverna de nouveau son ancienne paroisse. Le 1er décembre 1821, il est devenu chanoine de Notre-Dame dans le Chapitre reconstitué. Il est mort à Reims, rue des Fusiliers, 16, le 24 décembre 1831, à 90 ans. [5]


[1] Correspondance générale de l’Europe, 26 avril 1794.

[2] Rapport de JOUVANT au procureur-syndic du Département : 2 mars 1791. Archives municipales de Reims.

[3] Correspondance générale de l’Europe, 179, tome II, p. 469.

[4] Archives municipales de Reims, à la date indiquée.

[5] Émile BOUCHEZ : “Le clergé du pays rémois, pendant la révolution” ; pp. 132-133.

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